• Notre maison de poupée à Altyn Arashan
  • Sophie et son ukulélé
  • Eglise russe de Karakol

Les Monts Célestes du Kirghizstan

Classé dans : Kirghizstan | 10

Le territoire du Kirghizstan est occupé par les magnifiques montagnes du massif nommé Monts Célestes par les chinois. Nous nous y étions frottés lors d’un trek à cheval, il est maintenant temps de les affronter à pied.

Après quelques jours passés à Bishkek pour faire des lessives et nous remettre de nos courbatures, nous prenons un bus en direction de Kara-Kol au nord-est du pays. La ville est un large damier de datchas et de bâtiments de plain-pied. Ses rues défoncées et poussiéreuses, les énormes 4×4 des tours operators et les chapeaux de cowboys que portent certains touristes lui donnent un air de ville du Far West.

Maison typique à Karakol
Maison typique à Karakol
Eglise de Karakol
Eglise russe de Karakol
L'allée des bijoutiers à Karakol
L’allée des bijoutiers à Karakol
Parc d'attraction à Karakol
Parc d’attraction à Karakol
Bus à Karakol
Bus à Karakol

Au hasard de nos ballades, nous assistons à l’entraînement de pompiers qui se défient à celui qui monte le plus vite un bâtiment.

Pompiers de Karakol
Pompiers en plein entraînement

Nous cherchons à louer du matériel de camping et une tente mais aucun n’est disponible. Nous nous rabattons sur le plan de secours : rejoindre le camp de montagne de Altyn Arashan où des dortoirs sont proposés.

Pour cela nous montons dans une marshrutka (minibus) au bazar de Kara Kol. Vingt minutes après, le conducteur nous dépose au début de la piste de 14 km qui mène au camp. Nous attaquons le chemin avec entrain. Après une demi-heure de montée assez raide, un russe déboule en jeep et nous dit que nous ne sommes pas dans la bonne direction. Il nous propose de monter à l’avant de son véhicule pour nous déposer à l’embranchement que nous avons raté. Nous nous retrouvons à deux tassés sur le siège passager de la jeep pendant que notre chauffeur nous explique entre de violents cahots que les jeeps russes sont les meilleures du monde.

Sur la route d'Altyn Arashan
Sur la route d’Altyn Arashan

Il nous faudra cinq heures pour rejoindre Altyn Arashan. Nous arrivons exténués au camp et nous jetons sur le thé que nous offre Valentin, le propriétaire de l’établissement. Toujours habillé dans un vieux treillis de l’armée, la moustache fière surmontant une cigarette, il s’occupe de tout au camp. Il nous place dans une minuscule cabane aux allures de maison de poupée.

Directions à Altyn Arashan
Directions à Altyn Arashan
Notre maison de poupée à Altyn Arashan
Notre maison de poupée à Altyn Arashan
Les transports à Altyn Arashan
Les transports à Altyn Arashan
Sophie et son ukulélé à Altyn Arashan
Sophie et son ukulélé
La parisienne à Altyn Arashan
La parisienne à Altyn Arashan

Au cours du dîner, nous faisons la connaissance d’un sympatique italien nommé Mizio et de Anna, une jeune russe ayant étudiée à Sciences Po Paris et parlant français sans accent. Vu qu’elle compte aussi se rendre au lac Ala-kol le lendemain, elle nous propose de l’accompagner avec son père et Valery, leur guide. Nous acceptons avec joie. Nous allons nous coucher après avoir esquivé les insistantes invitations à boire de la vodka de la part d’un groupe de joyeux russes.

La grande vadrouille

Nous nous levons le lendemain à 6h. La route sera longue jusqu’au lac et il nous faudra ensuite rentrer avant 20h si nous voulons dîner au camp. Au cours de la randonnée nous avons la chance de voir de nombreuses marmottes. Après de longues heures de marche, nous atteignons le dernier tronçon de piste avant de voir le lac. Tous les gens nous avaient prévenus la veille, cette partie monte sacrément. Anna et son père la jugent trop dangereuse et préfèrent rentrer au camp.

chemin du lac Ala-kol
Sur le chemin du lac Ala-kol
Pause sur le chemin du lac Ala-kol
Pause sur le chemin du lac Ala-kol
Sur le chemin d'Ala-kol
Sur le chemin d’Ala-kol
Anna abandonnée
Anna abandonnée
La montée avant le lac Ala-kol
La montée avant le lac Ala-kol

Notre dicton étant « Never give up ! », nous ne pouvons pas faire de même et attaquons la montée de bon cœur. Très vite nous nous rendons compte qu’il est plus pratique d’avancer à quatre pattes, aidés par des bouts de bois que nous plantons comme des piolets dans la parois. Malgré cela le sol se dérobe constamment sous nos pieds, nous faisant parfois plus reculer qu’avancer. De plus nous provoquons constamment des éboulements qui risquent de blesser celui qui vient derrière. C’est au prix d’énormes efforts pendant près d’une heure que nous parvenons en haut de cette maudite montée.

Scotchés par Ala-kol

Là le spectacle est magnifique. Le lac d’Ala-Kol s’étend sous nos yeux, d’un bleu turquoise intense, entre des montagnes escarpées. Nous oublions pendant quelques instants nos jambes fatiguées et profitons de la vue.

Le glacier et le petit lac en forme de coeur
Le glacier et le petit lac en forme de coeur

 

Nous n’irons pas nous baigner les pieds dans le lac, car on nous a prévenu que cela nous prendrait  deux heures de plus pour revenir et notre timing est serré. Nous nous engageons donc dans la pente pour rentrer au camp. Elle se révèle aussi dangereuse à descendre qu’à monter. Un couple nous suis en glissant sur les fesses de peur de chuter.

La descente
La descente

Il nous faut encore plus de quatre heures de marche pour revenir à Altyn Arashan. Cela veut dire que nous aurons marché douze heures dans la journée, notre nouveau record ! Nous profitons de la journée du lendemain pour nous reposer et nous immerger dans les sources d’eau chaude près du camp. Nous rencontrons aussi Julien, un jeune français qui fait sa vie entre le Népal et l’Inde. Encore un qui nous parle des charmes du Népal et qui nous fait regretter notre itinéraire !

Il nous reste ensuite à tenir quatre heures pour revenir sur la route de Karakol, chemin que nous parcourons en grognant à cause de nos courbatures dans les mollets et les cuisses.

De Charybde en Scylla

Nous rentrons à Bishkek pour quelques jours et y organisons une sortie en rafting pour le week end. Sophie n’a jamais fait de rafting et l’expérience la tente bien. Le fait qu’elle ne sache pas nager ajoute du piment au projet.

Notre journée rafting commence à 7h du matin, quand nos accompagnateurs viennent nous récupérer à un carrefour. Nous nous tassons à quatre sur le siège arrière avant de nous rendre compte que trois jeunes sont déjà coincés dans le coffre ! Neuf personnes dans une voiture, c’est encore un record.

A la mise à l’eau des rafts, Romain est attiré par des plantes qu’il est surpris de trouver en si grande quantité : des pieds de cannabis poussent un peu partout autour de nous.

Notre dernier soir au Kirghizstan, nous dînons avec Nicolas et Gabriella (funnellogychannel.com), revenus du Tadjikistan. Une bonne façon de fêter notre départ pour le Kazakhstan !

 

C’était la première fois que :

  • que nous faisions une randonnée de 12 heures
  • nous voyions des marmottes en liberté
  • que nous rencontrions quelqu’un nommé Mizio
  • que nous assistions à un éboulement sur le flanc d’une montagne
  • que nous tenions à neuf dans une voiture
  • que Sophie faisait du rafting
  • que nous voyions du cannabis pousser dans la nature

 


10 choses étonnantes sur le Kirghizstan

  1. Un dicton kirghiz dit : « S’il ne vous restait qu’un jour à vivre, vous devriez en passer au moins la moitié à cheval. »
  2. Les kirghizes peuvent citer leurs sept derniers ancêtres paternels
  3. Les cimetières kirghiz sont des regroupements de petites habitations car les décédés doivent reposer sous les toits qui les ont hébergés. Du coup on y voit souvent des armatures de yourtes ou de maisons miniatures.
  4. Les conteurs sont très importants au Kirghizstan. L’épopée la plus connue et la plus longue est celle de Manas qui compte plus de 500 000 vers.
  5. Les voitures ont indifféremment le volant à gauche ou à droite. Cela n’améliore pas la sécurité routière…
  6. Les Kirghiz organisent une fête pour les premiers pas des bébés
  7. Ils aiment boire du lait de jument fermenté (la koumis, kamouzs, quelque chose comme çà). Cela a un goût de vieux cidre bouché acide et contient environ 3% d’alcool.
  8. La vieille pratique du vol des épouses (« ala kachuu ») est encore vivace bien qu’interdite. Des femmes sont kidnappées en pleine ville et se retrouvent forcées d’épouser un homme qu’elles ne connaissent parfois pas dans un village. Cette pratique représenterait 40% des mariages kirghiz (reportage).
  9. Le canabis pousse naturellement dans le pays, principalement dans la vallée de Choui.
  10. Au cours d’un repas, les « meilleures » parties d’un mouton sont réservées pour les invités, par exemple les yeux ou le sacrum (pour les femmes)

 

10 Responses

  1. Nico & Gabi

    Ouais, c’était super de vous revoir nos éclaireurs du voyage! On espère que tout va bien en Chine maintenant!

    • Romain

      Salut les funnelogues ! Tout va bien pour nous, nous sommes à Pekin sous la pluie, même si le retour à un tourisme de masse nous bouscule un peu. Nous galérons pour avoir des couchettes dans les trains. Nous avons fait Urumqi-Xian en train en hard seat. Nous ne vous le conseillons pas, 35h assis c’est long 🙂

  2. Marie

    Sophie qui ne sait pas nager ? C’est un outrage à mes leçons !
    Le grand air et le turban te va bien, tu es ravissante ! Romain je suis sûre que tu es ravissant aussi mais c’est plus dur à déceler sans photo.
    Bisous

    BMAM.

    • Romain

      Rassure-toi, Sophie sait trés bien faire le bout de bois qui flotte. Tes efforts n’ont pas été vains.

  3. Gabriel

    Bonjour !
    j’ai lu vos récits à travers l’Asie centrale et ça semble vraiment super ! J’adore la manière avec laquelle vous voyagez sans planning. Je projette de faire ça avec ma copine cet été de Tashkent à Almaty en passant par le Kirghizstan et en y restant finalement 3 semaines environ. Qu’est-ce qui vous a le plus plu ? / déplu histoire d’avoir quelques pistes ? (on a à peu près les mêmes goûts de voyage j’ai l’impression !)

    • Romain

      Merci Gabriel !

      Notre meilleur souvenir du Kirghizstan restera le trek à cheval autour du lac Song-Köl. Les paysages étaient magnifiques. Nous avons beaucoup aimé rencontrer les familles de nomades autour du lac et dormir sous les yourtes. Tu trouveras plusieurs compagnies qui te proposeront ce tour à Kochkor. Elles sont faciles à trouver car la ville est minuscule.
      Si vous aimez marcher, Altyn Arashan, près de Karakol, est un must.

      Nous n’avons pas été emballés par Almaty malgré la gentillesse des habitants à notre égard. Mais nous n’y sommes pas restés longtemps, c’est difficile de juger.

      A Tashkent, vous pouvez aller chez Mirzo (+998 933 934 333, +998 933 796 668; http://www.turkturizm.uz; Sagban 95; metro Chorsu), qui est un hôte très chaleureux. Attention, sa guesthouse n’est pas facile à trouver, il n’y a qu’un minuscule panneau en hauteur. Si toutes les chambres sont déjà prises, vous pourrez toujours dormir à la belle étoile :o)
      A Bishkek, la Sakura Ghesthouse (http://sakuraguesthouse.web.fc2.com/english.html; Michurina 38) est très propre, l’ambiance est sympatique et elle dispose d’une petite cuisine.
      Le reste du temps, privilégiez les homestays, nombreux au Kirghizstan.

      Pour les transports, c’est généralement assez simple. Entre les minibus, les taxi partagés et les particuliers qui s’improvisent taxi quand ça les arrange, vous trouverez toujours facilement un moyen d’aller d’un point à un autre.
      Le seul problème c’est qu’il y a toujours plusieurs villes avec des noms presque identiques. C’est parfois difficile de faire la différence entre Kara-Köl et KaraKol.

      Un conseil : apprenez quelques mots de russe avant de partir, c’est la langue commune des pays d’Asie Centrale.

      Bon voyage !

  4. Valerie Jacquard

    Hello,

    Nous sommes 2 filles et partons au Kirghizistan cet été, aller au lac d’Ala-Kol fait partie de nos projets et pour la première fois sur ton blog je vois que l’on peut dormir sur place. Aurais-tu le nom du lien? As-tu réserver quelque chose à l’avance? Peut-on dîner sur place?
    (En espèrant que cet endroit existe toujours aujourd’hui)
    Merci par avance pour ton aide,

    Valérie

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