• Yourtes kirghizes entre Osh et Bishkek
  • Avec la famille et notre ruban
  • Le Kirghizstan c'est beaucoup de montagnes

Un accueil bien arrosé au Kirghizstan

Classé dans : Kirghizstan | 3

Le Kirghizstan est un pays majoritairement recouvert de montagnes. A l’approche de l’été de nombreuses familles de bergers quittent leurs villages pour se rendre dans les jailoos (pâturages d’été). Avant de faire connaissance avec ce mode vie nomade, nous avons à passer la frontière. Ce qui jusque là n’était qu’une simple formalité s’avère être cette fois-ci assez pittoresque.

Welcôme Kirghizstan !

Nous passons la frontière du Kirghizstan à Uchkurgon. Il s’agit d’un passage peu fréquenté par les touristes et nous n’avons trouvé aucune information utile dans le Lonely Planet ou sur le web si ce n’est que la frontière est ouverte. Nous partons de Tachkent en taxi partagé, espérant atteindre le Kirghizstan dans la journée. Ce qui n’est pas gagné ! La route est longue, et nous faisons de nombreuses pauses interminables : pour l’essence, l’huile, etc.

Nous arrivons au poste frontière dans la soirée. Celui semble complètement désert. Finalement un soldat vient nous ouvrir le portail. Nous remplissons rapidement quelques formulaires. Les douaniers sont très cool et nous incitent à faire une fausse déclaration sur le montant de dollars que nous possédons pour éviter les complications (nous ne pouvons pas avoir plus d’argent en sortant du pays qu’en y entrant). Le tampon ouzbek en poche, nous sortons du poste frontière. Nous sommes biens surpris de nous retrouvons dans un no man’s land, au milieu de terres agricoles. Une petite route de campagne semble être le chemin vers Kirghizstan. Nous demandons quand même confirmation à un soldat ouzbek avant de nous y aventurer. Jouant du ukulélé, nous nous éloignons progressivement de l’Ouzbékistan, laissant le soleil se coucher derrière nous.

Dans le No Man's Land entre Kirghizstan et Ouzbekistan
Dans le No Man’s Land entre Kirghizstan et Ouzbekistan

Nous rencontrons enfin deux hommes en uniforme devant une barrière, entre deux petites cabanes décrépies. Ils semblent désœuvrés et s’amusent avec un grand couteau. Un drapeau kirghiz en polyester flotte mollement au bout d’un tuyau. Ils s’intéressent d’abord au ukulélé puis l’un deux prend nos passeports pour relever nos noms sur son petit ordinateur portable. Il a beaucoup de mal à trouver les lettres sur le clavier et Sophie se sent obligée de l’aider pour accélérer un peu la cadence. L’opération prend bien dix minutes. Le douanier nous rend nos passeports et, avec un grand sourire, nous accueille dans le pays avec un « Welcôme Kirghizstan ! ».

Poste frontière du Kirghizstan à Outchkourgan
Le poste frontière le plus minuscule de notre tour du monde

 

Na zdorovye !

Nous voilà au bord d’une route au beau milieu de la campagne. Inutile de préciser qu’il n’y aucun bureau de change et que nous n’avons pas de moindre copec kirghiz sur nous.

La nuit est tombée. Avec quelques dollars en poche, nous faisons du stop, espérant atteindre Kara-Köl, la ville la plus proche pour y passer la nuit. Une voiture s’arrête et accepte de nous y conduire pour seulement cinq dollars. Nous voilà rassurés. Mais le conducteur veut d’abord passer lui. Là, les choses prennent une tout autre tournure.

Sa famille nous offre du thé et une délicieuse pastèque. Le conducteur est en fait chauffeur de taxi, mais n’a aucune idée du prix pour une course jusqu’à Kara-Köl. Il essaye de se renseigner et propose que nous y conduire pour cinquante dollars ! Ce qui est hors de question pour nous ! Devant notre embarras, il nous propose de passer la nuit chez lui et de nous aider à trouver un taxi jusqu’à la capitale le lendemain matin, ce qui nous acceptons avec joie.

Il s’agit en fait d’une famille d’origine ouzbek vivant au Kirghizstan. Ils sont trois frères, l’aîné, Chounrat, est le chauffeur de taxi. Le second, Cherzat, est terrassier et vit ici avec la plus jeune de ses épouses, Adina. Et le dernier, Cheraoui, est « businessman » à Tachkent. Ils sont très sympathiques et nous dînons tranquillement après cette dure journée de voyage. Nous regrettons vivement de ne pas savoir parler russe ou ouzbek (ou kirghiz) car ils ne parlent pas un mot d’anglais. A la fin du repas, Chounrat va nous chercher une bouteille de cognac qu’il est heureux de partager. Avant chaque tournée, il fait un petit discours solennel à notre intention, nous souhaitant beaucoup de bonheur dans notre couple. C’est lui qui mène la danse et veille méticuleusement à ce que nos verres ne soient pas vides. Sophie ne fait que y goûter mais Romain, trop poli, participe joyeusement à la fête. Adina est très fâchée que son mari boivent autant. Les garçons sont déjà bien fait et nous pensons aller nous coucher. Mais la soirée est loin d’être terminée. Chounrat nous conduit en voiture (et un peu bourré avouons-le) chez un de ses amis. Il essaye de nous rassurer en disant  » taxi, normal, normal « . Là bas, les garçons descendent une bouteille de vodka accompagnée d’une pastèque. Nous ne restons pas longtemps et espérons pouvoir dormir. De retour à la maison, Adina nous prépare des légumes frits et Chounrat insiste pour que les garçons finissent la bouteille. Le second a abandonné, ne reste plus que Romain et Chounrat en course. Heureusement la bouteille de vodka a un fond et nous allons nous coucher vers deux heure du matin.

Après avoir écrit sur le ruban
Avec la famille et notre ruban
Photo penchée
Dur de prendre des photos quand on est bourré

Le lendemain matin, vous imaginez bien que le réveil n’est pas des plus agréables. Nous nous réveillons tandis que les trois frères dorment encore car nous souhaitons partir de bon heure. Encore une fois, nos plans tombent à l’eau. Les garçons se réveillent difficilement et insistent pour que nous prenions le petit déjeuner, ce qui n’est pas de refus. Cherzat, bien que n’ayant plus de permis de conduire, et encore mal remis de la veille, nous conduit prés d’un poste frontière ouzbek afin d’échanger nos som ouzbeks en som kirghiz. Il se gare en plein dans le passage, et du coup, un officier de police énervé lui enlève sa plaque d’immatriculation. Nous commençons à nous dire qu’il sera difficile de rentrer avec une voiture déglinguée sans plaque d’immatriculation et un chauffeur bourré et sans permis. Cherzat, très énervé relève le numéro de l’officier et menace de prévenir son supérieur, ce qui lui permet finalement de récupérer son bien.

on a récupéré la plaque d'immatriculation
On a récupéré la plaque !

Sur le chemin du retour, notre hôte fait un petit détour chez un de ses amis. Ensemble ils fument un joint, en propose à Romain qui refuse poliment. Il est presque midi lorsque nous rentrons à sa maison en roue libre avec un Cherzat en train de comater au volant. Nous faisons nos adieux à la famille et les deux aînés nous aident à faire du stop.

Nous montons dans une voiture pour Kara-Köl avec une famille de deux enfants. Le bébé n’arrête pas de brailler alors que l’aîné s’amuse à coller ses crottes de nez sur le siège de Romain. Les paysages sont tellement magnifiques que nous en oublions ces petits désagréments. Nous prenons ensuite un taxi partagé pour arriver à la capitale.

Une rivière au Kirghizstan, entre Osh et Bishkek
Le Kirghizstan c’est beaucoup de montagnes
Yourtes kirghizes entre Osh et Bishkek
Yourtes kirghizes entre Osh et Bishkek

Le visa chinois, avec ou sans barbe ?

Notre mission première à Bichkek est d’obtenir le visa chinois, ce qui n’est pas une mince affaire. En tant que Français celui-ci n’est pas facile à obtenir, nous devons fournir de nombreux justificatifs, tels que des billets d’avions, des lettres d’invitation, des fiches de paie, etc. Bref, nous optons pour la solution de facilité, qui consiste à passer par l’intermédiaire d’une agence et de payer le prix fort.

Dans la première agence que nous consultons (Kirghiz Concept), la dame qui nous reçoit ne semble pas trop au courant des formalités. Elle passe un coup de fil pour se renseigner avant de nous annoncer le prix et la terrible nouvelle. Les photos d’identités que nous lui présentons ne sont pas aux normes, les hommes doivent être imberbes. Cela nous surprend quelque peu mais nous lui faisons naïvement confiance. Les prix étant un peu élevé par rapport aux informations que nous avions pu récolté, nous décidons d’aller voir la concurrence, la fameuse Ms Liu. Cette chinoise qui dirige une toute petite agence de voyage, s’est fait une solide réputation dans le monde des voyageurs comme étant le meilleur moyen d’obtenir le visa chinois en Asie Centrale.

Photos d'identité pour le visa chinois à Bishkek
Photoshopage de Sophie pour le visa chinois à Bishkek

Ne voulant pas perdre de temps, Romain s’achète de la mousse à raser et commence courageusement à se couper la barbe. Une fois le travail terminé, il a du mal à se reconnaître et Sophie aussi d’ailleurs, d’autant plus qu’il a la mine bien boudeuse. Se raser une fois tous les dix-huit ans lui paraît beaucoup trop fréquent. Nous faisons de nouvelles photos d’identité et allons voir Ms Liu. Un autre couple, dont l’homme porte la barbe, fait sa demande en même que nous. Surpris Romain se renseigne sur le port de la barbe. Ms Liu nous explique alors que seule les grosses barbes comme celle de Ben Laden sont susceptibles de poser problème. Pour enfoncer le couteau dans la plaie, elle nous montre de nombreuses photos de beaux barbus ayant obtenus leurs visas sans le moindre soucis. Je vous laisse imaginer la déception de Romain.

Etre obligé de se raser la barbe pour le visa chinois

 

Pour le reste nous ne visitons pas vraiment la capitale, elle n’a pas vraiment de monuments particulièrement intéressants. Nous profitons par contre de sa verdure, il y a des parcs et des allées d’arbres partout, et de ses prix très bas, la bouteille de vodka est à seulement 2 euros !

Nous nous apprêtons maintenant à découvrir les lacs et montagnes kirghiz à dos de cheval, près du village de Kyzart, au sud de Bichkek.

3 Responses

    • Romain

      C’est trop sexy pour être publié sur un média au large public. Mais il paraît que tu peux en trouver sur le marché noir.

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