• Joueurs d'échecs chinois dans le parc
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  • Commerçant ouïghour à Urumqi

Le Far West chinois et le petit train dans le désert

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Après 24 heures de bus, nous voilà à Urumqi, en Chine ! Urumqi est une « petite » ville de deux millions d’habitants sur la Route de la Soie. Bien que la culture d’Asie Centrale soit toujours présente, nous voilà projetés dans un tout nouvel univers !

Nous nous laissons entraîner par Sergey, un kazakh que nous avons rencontré dans le bus et qui ne parle que russe, dans un hôtel plutôt chic. Mais lorsqu’il nous quitte nous sommes bien embêtés car le personnel ne parle que chinois et russe. Pas un mot d’anglais…

Sergey signe notre ruban
Sergey signe notre ruban sur le comptoir de l’hôtel

La langue, c’est bien là notre premier souci à Urumqi ! Partout les inscriptions sont en chinois ou en ouïgour. Pour nous déplacer dans la ville nous nous amusons à essayer de reconnaître les caractères chinois sur les panneaux. Et pour commander dans les restaurants, nous nous contentons de montrer les plats du doigt ou de laisser les serveuses choisir pour nous. Mais nous ne sommes jamais déçus. La cuisine chinoise est très épicée et parfois surprenante.

Un million de chinois et moi et moi

Le centre d’Urumqi est très animé et bruyant. A l’entrée de chaque magasin, des enceintes diffusent de la musique ou des publicités en boucle. Même les calculatrices des commerçants déclament à haute voix les chiffres qui sont tapés sur le clavier. Les rues sont éclairées par les nombreuses enseignes lumineuses d’un rouge pétant. Les petits restaurants dégagent des odeurs de nourriture à toute heure de la journée. Ajoutez à cela une circulation intense et beaucoup de monde dans les rues. Que d’ambiance !

Nous trouvons un peu de calme dans les parcs. Les parcs chinois, avec leurs petits ponts et leurs pagodes sont très différents des nôtres. Ce sont des espaces où les habitants aiment se retrouver et partager des activités. Tandis que certains jouent aux dominos ou aux échecs, d’autres dansent ou font de la calligraphie. Les musiciens apportent leurs instruments pour jouer des airs traditionnels ou chanter de l’opéra. Nous croisons également des personnes âgées qui font leurs exercices physiques ou simplement la sieste à l’abri des grands arbres. Ces parcs chinois sont de vrais havres de paix.

Joueurs d'échecs chinois dans le parc urumqi
Joueurs d’échecs chinois dans le parc
Danseuse Ouighour dans le parc central d'Urumqi
Danseuse Ouighour dans le parc central d’Urumqi

 

Jeune danseuse ouïghour
Jeune danseuse ouïghour
Danseurs dans le parc central d'Urumqi
Danseurs dans le parc central d’Urumqi
Exercices de calligraphie à Urumqi
Sophie s’exerce à la calligraphie

Ces Chinois qui ne font pas très chinois

Pour notre dernière nuit à Urumqi, nous sommes logés chez Tony (son surnom anglophone sur Couchsurfing.com). Il est professeur d’anglais et vit avec sa femme et ses deux enfants. Nous parlons avec lui surtout de politique et des inégalités ethniques dans le pays.

La région de Xinjiang (« Nouvelle Frontière » en chinois) initialement peuplée par les Ouïgours, peuple nomade d’Asie Centrale de religion musulmane, est l’objet de tensions ethniques importantes. Des attentats terroristes ont lieu régulièrement depuis quelques années. Par exemple une bombe a été posée à la gare d’Urumqi en avril. La présence policière et militaire de Beijing se fait d’autant plus forte. Les policiers sont partout à Urumqi, quasiment tous les cinquante mètres. Il y a un garde en faction dans presque tous les magasins du centre.

Sur les conseils de Tony nous allons visiter le quartier Ouïgour. Les inscriptions sont en ouïgour (d’écriture arabe), les femmes portent le voile et les hommes sont coiffés d’une petite calotte. Le bazar avec ses épices et ses couleurs, nous rappelle que nous sommes toujours sur la Route de la Soie.

Hommes ouïghours à Urumqi
Ouïghours
Commerçant ouïghour à Urumqi
Commerçant ouïghour à Urumqi
Peau de hérisson au marché d'Urumqi
Comment ça se mange la peau de hérisson ?
Scorpions vivants vendus au marché d'Urumqi
Scorpions vivants, bons à manger
Vendeur de nougat à Urumqi
Vendeur de nougat à Urumqi

 

En Chine, la pression se mesure en nombre de personnes au m²

Notre prochaine étape est la ville de Xi’an, à 35 heures de train d’Urumqi. Obtenir un billet de train en Chine peut se transformer en parcours du combattant. La protection autour de la gare d’Urumqi, considérablement renforcée suite aux attentats, ne nous facilite pas la tâche.

Après avoir cherché en vain le bureau des billets de train qui a été déplacé, passé plusieurs postes de contrôle de sécurité à la gare ferroviaire, affronté la foule qui se bouscule, après s’être battu avec les automates qui n’écrivent pas les noms des villes comme notre guide et qui de toute façon ne vendent pas de tickets aux étrangers, après avoir fait la queue deux fois au guichet à cause d’une erreur dans les billets, nous obtenons enfin nos tickets pour Xi’an ! Victoire ! Mais cette victoire est bien mince car nous n’obtenons que des places assises. Aucune place en wagon couchettes n’est disponible avant deux semaines !

Le train de vie chinois

A l’heure du départ, le plus grand désordre règne à la gare. Les gens se bousculent, crient et se ruent dans le train. Les passagers sont surexcités. Une fois dans les wagons, le vacarme ne fait qu’augmenter, l’allée est encombrée et les espaces pour les bagages sont restreints. Les sièges sont étroits et durs. Beaucoup de passagers n’ont pas de place assise et se calent où ils peuvent.

Le train démarre enfin. Mais les passagers, plus ou moins installés, ne se calment pas, ils parlent et rient très fort, jouent aux cartes et écoutent de la musique sur des petits postes. La plupart s’ennuient et passent leur temps à manger. C’est un long défilé de passagers allant chercher de l’eau chaude à la machine pour leur thé ou leurs nouilles. La vendeuse de snack passe régulièrement en hurlant de toute ses forces pour se faire entendre par dessus le vacarme. Il faut dire qu’elle a bien du mal à progresser dans l’allée avec son petit chariot à cause des gens assis ou debout.

Train entre Urumqi et Xi'an
Train entre Urumqi et Xi’an

 

Passager au nez qui coule train Urumqi - Xi'an
Souvent chinois avoir trucs dans le nez

 

Faire face aux fesses en feu

Nous avons la malchance d’être séparés. Romain est coincé avec un groupe de jeunes et Sophie est à coté d’une petite troupe de femmes surexcitées. La nuit, certaines d’entre-elles dorment par terre sous les banquettes ou se relayent pour utiliser un siège libre. Les passagers qui n’ont pas de places assises dorment comme ils peuvent, allongés dans l’allée, assis sur les plate-formes entre les wagons, roulés en boule dans les lavabos… Nous n’avons jamais vu pareil désordre. Les deux nuits que nous passons dans le train sont très difficiles. Les lumières restent allumées toute la nuit, ce qui n’incite pas les gens à se calmer. La journée est également très longue, il nous est impossible d’échapper au bruit et à l’odeur permanente des nouilles. De plus, à force de rester assis, nous commençons à avoir les fesses usées et très douloureuses.

Malgré tout l’ambiance est très bonne : les passagers partagent leur nourriture, cèdent parfois leurs sièges à ceux qui n’en n’ont pas et essayent de sympathiser avec nous. Ces 35 heures de train resterons pour nous une expérience inoubliable. Il y a même des femmes qui se mettent à danser dans l’allée. Du jamais vu !

 

Après avoir traversé une grande partie de la Chine, nous arrivons à Xi’an complètement ruinés. Il nous faut encore trouver la force de porter nos sacs jusqu’à une auberge.

Xi’an marque la fin de la Route de la Soie que nous suivions à partir d’Istanbul depuis cinq mois. C’est de là que les caravanes lourdes de marchandises partaient vers l’Occident. Mais cela fera l’objet d’un autre article très bientôt !

 

C’était la première fois que :

  • nous prenions un train de 35 heures
  • nous petit-déjeunions de cornichons et de patates douces
  • nous prenions notre hôtel en photo avant de le quitter car nous ne connaissions pas son nom
  • nous goûtions du jus de flageolet froid (vendu sous forme de soda)

 

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